Chronique triathlon

Test Adidas Adizero Adios Pro 4 : des échasses en polystyrène qui veulent aller vite

24 septembre 2026 Matériel

1. Introduction

L’Adidas Adizero Adios Pro 4 fait partie de ces chaussures qui arrivent avec une mission assez claire : courir vite.

Mousse ultra-légère, tiges en carbone, semelle de presque 4 cm sous le talon… Sur le papier, tout est prévu pour améliorer l’efficacité de la foulée et économiser quelques précieuses secondes. Adidas la destine clairement aux séances rapides et à la compétition.

2. Fiche technique

Poids : environ 200 g en taille 42 2/3 homme.

Drop : 6 mm.

Hauteur de semelle : 39 mm au talon / 33 mm à l’avant-pied.

Prix public : 250 € — même si certains coloris sont régulièrement proposés moins cher.

Terrain : route.

Utilisation : séances rapides et compétition.

Mousse : double couche de Lightstrike Pro.

Renfort : ENERGYRODS 2.0, des tiges infusées de carbone qui accompagnent le mouvement du pied. Il ne s’agit donc pas exactement d’une plaque carbone classique qui traverse toute la chaussure.

Semelle extérieure : technologie Lighttraxion avec caoutchouc Continental pour conserver de l’adhérence tout en limitant le poids.

En résumé : beaucoup de technologie pour une chaussure de 200 grammes.

À ce poids-là, mon petit-déjeuner est plus lourd.

3. Design et première impression

Dès les premières foulées, une sensation domine :

j’ai l’impression de courir sur des échasses en polystyrène.

C’est assez particulier.

La hauteur importante de la semelle se ressent immédiatement et, à allure d’échauffement, je ne trouve pas la chaussure particulièrement naturelle.

La mousse Lightstrike Pro est très présente sous le pied. Elle est souple, légère et donne presque l’impression que l’on pourrait enfoncer un doigt dedans.

La stabilité est également moyenne à basse vitesse. Avec une semelle aussi épaisse, on se sent clairement plus haut perché qu’avec une chaussure classique.

Pas au point d’avoir besoin d’un baudrier.

Mais je n’irais pas courir sur des pavés humides en regardant mon téléphone.

4. Conditions de test

Première séance : 10 × 1 min rapide / 1 min récupération.

Échauffement : allure facile.

Compétition : deux courses de 10 km.

Terrain : route.

L’objectif était surtout de voir comment la chaussure se comportait à différentes intensités et, surtout, si les sensations changeaient lorsque la fatigue commençait à apparaître.

Et c’est justement là qu’elle devient intéressante.

5. Comportement en course

Amorti

C’est probablement la sensation la plus particulière de cette Adios Pro 4.

Je m’attendais, avec ce type de chaussure, à un gros effet trampoline : pied qui s’enfonce, mousse qui rebondit et impression d’être catapulté trois mètres plus loin.

Ce n’est pas vraiment ce que j’ai ressenti.

J’aurais plutôt tendance à comparer son fonctionnement à du polystyrène que l’on tasse et qui reprend immédiatement sa forme initiale.

La mousse s’écrase légèrement sous la charge, puis revient rapidement en place.

Ce n’est pas spectaculaire.

Mais c’est efficace.

Dynamisme

Pendant mon 10×(1’/1′), la foulée reste très souple sans avoir besoin de forcer exagérément.

Sur les premières répétitions, je n’ai pas eu cette impression caricaturale de chaussure qui court à ma place.

Et c’est probablement mieux ainsi, sinon il suffirait de poser les chaussures sur la ligne de départ et d’attendre à l’arrivée.

Le comportement devient surtout intéressant dans la deuxième partie de séance.

Lorsque les jambes commencent à perdre un peu de dynamisme, la chaussure semble aider davantage à conserver une foulée efficace.

Les ENERGYRODS 2.0 et la géométrie de la semelle sont précisément conçus pour faciliter la transition du talon vers l’avant du pied, tandis qu’Adidas a avancé le point de bascule de la semelle pour améliorer l’économie de course.

Et c’est là que je ressens le plus l’intérêt de la chaussure.

Pas forcément pour aller beaucoup plus vite quand tout va bien.

Mais pour continuer à courir correctement quand ça commence à aller moins bien.

Stabilité

C’est pour moi l’un de ses points faibles.

À faible allure, notamment pendant l’échauffement, la hauteur et la souplesse de la mousse donnent une sensation de stabilité assez moyenne.

En revanche, lorsque l’allure augmente et que la foulée devient plus dynamique et orientée vers l’avant, cette sensation devient nettement moins gênante.

En clair :

pour marcher tranquillement jusqu’au départ, il existe mieux.

Pour essayer de courir vite une fois que le coup de pistolet a été donné, elle retrouve tout son intérêt.

Adhérence

La semelle combine Lighttraxion et caoutchouc Continental, principalement pour conserver une bonne accroche sans alourdir la chaussure.

Sur route, je n’ai rencontré aucun problème particulier d’adhérence lors de mes essais.

Adidas Adizero Adios Pro 4_2

6. En compétition : deux 10 km pour vérifier

C’est évidemment en compétition que l’Adios Pro 4 prend réellement son sens.

Je l’ai utilisée sur deux 10 km.

Première constatation importante :

elles ne me feront pas battre le record du monde.

J’ai vérifié deux fois.

Il faudra probablement continuer à s’entraîner, ce qui est assez décevant lorsqu’on vient de dépenser 250€.

En revanche, je ressens clairement une foulée plus facile.

Ce qui m’a surtout marqué n’est pas une sensation spectaculaire de propulsion, mais plutôt une diminution progressive de la fatigue musculaire ressentie au fil de la course.

Sur les derniers kilomètres, lorsque la technique commence normalement à se dégrader et que les jambes discutent sérieusement l’intérêt de poursuivre l’expérience, la chaussure aide à conserver une foulée plus dynamique.

Et c’est probablement ce que j’attends le plus d’une chaussure carbone.

Pas forcément gagner miraculeusement 30 secondes au kilomètre.

Mais m’aider à moins ralentir quand ça devient difficile.

7. Usure et durabilité

À ce stade, je n’ai pas encore suffisamment de kilomètres pour porter un véritable jugement sur la durée de vie de la chaussure.

La construction est très légère et clairement orientée performance.

Comme souvent avec ce type de modèle, je préfère donc réserver les Adios Pro 4 aux séances spécifiques et aux compétitions, plutôt que d’aller chercher le pain avec.

À ce prix, chaque kilomètre jusqu’à la boulangerie commencerait à devenir financièrement inquiétant.

À suivre lorsque le compteur aura davantage tourné.

8. Pour quel profil de coureur ?

L’Adidas Adizero Adios Pro 4 s’adresse avant tout aux coureurs qui cherchent une chaussure pour :

  • les compétitions sur route ;
  • les séances rapides ;
  • les 10 km, semi-marathons et marathons ;
  • limiter la dégradation de la foulée lorsque la fatigue apparaît.

Elle me paraît beaucoup moins pertinente pour quelqu’un qui cherche simplement une chaussure destinée aux footings tranquilles.

Elle est haute, relativement instable à faible allure et surtout très chère pour aller courir à 6 min/km en discutant de la météo.

Ce serait un peu comme acheter un vélo de contre-la-montre pour aller chercher les enfants à l’école.

C’est possible.

Mais il faut accepter les questions.

9. Points forts

Légèreté

Environ 200 g malgré une quantité impressionnante de mousse sous le pied.

Confort et souplesse de la foulée

La Lightstrike Pro offre une sensation très douce sans devenir complètement molle.

Dynamisme lorsque la fatigue apparaît

C’est probablement ce que j’apprécie le plus : plus les kilomètres passent, plus l’intérêt de la chaussure devient perceptible.

Fatigue musculaire réduite

Sur mes deux 10 km, j’ai ressenti des jambes moins marquées au fil des kilomètres.

Transition vers l’avant efficace

Les ENERGYRODS 2.0 et la géométrie de la chaussure accompagnent bien la foulée lorsque l’allure augmente.

Les petits défauts

Stabilité moyenne à faible allure

Il faut accepter l’impression d’être perché au-dessus de la route.

Pas d’effet trampoline spectaculaire

Ceux qui cherchent une chaussure donnant immédiatement l’impression d’être propulsé risquent d’être surpris.

Le prix

250 € au tarif catalogue.

À ce tarif, j’aurais apprécié qu’elle fournisse aussi le dossard, le ravitaillement et un meneur d’allure personnel.

10. Conclusion

L’Adidas Adizero Adios Pro 4 m’a donné une première impression assez étrange.

À l’échauffement, j’avais presque la sensation de courir sur deux morceaux de polystyrène montés sur échasses, avec une stabilité qui ne m’inspirait pas totalement confiance.

Puis j’ai accéléré.

Et j’ai commencé à comprendre.

La chaussure ne procure pas chez moi un énorme effet trampoline. Je ressens davantage la mousse qui se comprime puis retrouve rapidement sa forme, avec une foulée souple et facile.

Mais son véritable intérêt apparaît surtout lorsque la fatigue arrive.

Sur les répétitions difficiles comme sur mes deux 10 km, elle m’aide à conserver du dynamisme et j’ai l’impression de subir moins de fatigue musculaire au fil des kilomètres.

Elle ne transforme donc pas un coureur de 40 minutes au 10 km en athlète kenyan.

Dommage.

Mais elle peut probablement l’aider à mieux exploiter ce qu’il a déjà dans les jambes.

Et finalement, c’est déjà beaucoup pour une paire de chaussures.

Mais attention : à ce prix, elles ne font toujours pas le café.

Et puisqu’un triathlète capable d’acheter des chaussures à 250 € a probablement déjà perdu toute notion raisonnable du prix du matériel…

Entre chaussures carbone, montres GPS, vélos hors de prix et accessoires absolument indispensables découverts la veille sur Internet, le triathlète entretient une relation particulière avec son compte bancaire.

Retrouvez tout ça avec humour dans Le Manuel du parfait petit triathlète.

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