Chronique triathlon

Contrôle technique du triathlète : après une saison, le bilan est catastrophique !

19 octobre 2026 Humour • Triathlon
contrôle technique du triathlète

La saison de triathlon touche à sa fin. Après plusieurs mois à nager, pédaler, courir et dépenser des sommes déraisonnables pour gagner quelques secondes, il est temps de faire le bilan.

Pas le bilan sportif. Celui-là, tu l’as déjà fait quinze fois sur Strava.

Non, aujourd’hui, nous allons procéder au contrôle technique annuel du triathlète.

Et autant te prévenir : il y a peu de chances que tu repartes sans contre-visite.

1. Le moteur : des performances inquiétantes

Premier contrôle : le système cardiovasculaire.

Après plusieurs mois d’entraînement, ton cœur est capable d’encaisser des efforts impressionnants. Tu peux courir pendant deux heures, pédaler pendant cinq et enchaîner les deux en expliquant que tu fais ça pour le plaisir.

En revanche, monter deux étages sans ascenseur après une compétition représente un défi considérable.

Diagnostic : moteur performant, mais fonctionnement difficile à comprendre. Capable de parcourir 150 kilomètres le dimanche et de refuser d’aller chercher le pain à 800 mètres le lundi.

2. La transmission : des pièces sérieusement usées

Passons aux jambes.

Les quadriceps ont encaissé des milliers de kilomètres. Les mollets ont survécu aux séances de fractionné. Quant aux genoux, ils émettent désormais des bruits que même ton vélo ne fait pas.

Le problème apparaît surtout lorsque tu restes assis trop longtemps.

Après une heure de canapé, tu te lèves avec la souplesse d’un Playmobil.

Pourtant, si quelqu’un te propose un petit footing, tu réponds immédiatement :

« Oui, pourquoi pas, ça me fera récupérer ! »

Diagnostic : transmission fatiguée. Le propriétaire refuse cependant d’envisager une réduction du kilométrage.

3. La carrosserie : plusieurs défauts esthétiques

L’inspection extérieure révèle quelques anomalies.

Les bras présentent deux couleurs différentes. Les cuisses sont blanches sur leur partie supérieure. Le torse affiche des démarcations étranges.

Il semblerait que le propriétaire ait passé une grande partie de l’été enfermé dans un vêtement beaucoup trop moulant.

Autre constat : certaines parties du corps portent encore les traces d’anciennes blessures, de frottements ou de coups de soleil.

Diagnostic : carrosserie à reprendre entièrement.

Le propriétaire affirme néanmoins que ses marques de bronzage sont « la preuve qu’il s’est entraîné sérieusement ».

Nous n’avons pas souhaité poursuivre la discussion.

4. Le système de freinage : totalement défaillant

C’est probablement le problème le plus préoccupant.

Le triathlète est incapable de s’arrêter.

Même lorsqu’il annonce prendre une semaine de repos, il trouve une raison de faire du sport.

« Je vais juste nager tranquillement. »

« Je vais simplement tourner les jambes sur le home-trainer. »

« Je vais faire 30 minutes de footing en endurance fondamentale. »

Trois jours plus tard, il participe à un trail de 25 kilomètres parce qu’un ami lui a proposé un dossard.

Diagnostic : défaut majeur du système de freinage.

Le propriétaire ne comprend pas pourquoi nous considérons cela comme un problème.

5. L’électronique : assistance excessive à la conduite

Le triathlète est équipé de nombreux capteurs.

Montre GPS, ceinture cardio, capteur de puissance, compteur vélo…

Il dispose de suffisamment de données pour superviser le décollage d’une fusée.

Mais cela ne l’empêche pas de commettre des erreurs élémentaires.

Il peut connaître sa fréquence cardiaque à deux battements près, mais oublier de boire pendant une sortie de trois heures.

Il peut analyser sa puissance normalisée sur 90 kilomètres, mais être incapable de retrouver ses lunettes de natation.

Et lorsque sa montre lui annonce qu’il lui faut 72 heures de récupération, il préfère généralement consulter une autre application.

Diagnostic : électronique fonctionnelle. Problème situé entre les deux oreilles.

6. Le réservoir : consommation anormalement élevée

L’inspection du système d’alimentation révèle une situation préoccupante.

Le triathlète consomme des gels énergétiques vendus au prix du parfum de luxe.

Il achète des poudres contenant des glucides dont il ne connaît pas le nom.

Il pèse parfois ses aliments pour optimiser son apport énergétique.

Mais après sa dernière compétition, il peut engloutir une pizza entière, deux desserts et la moitié du réfrigérateur en expliquant :

« Il faut bien refaire les réserves ! »

Diagnostic : consommation élevée, particulièrement après les efforts.

Autonomie estimée : trois heures en compétition, vingt minutes devant un buffet à volonté.

7. Le compteur kilométrique : suspicion de manipulation

Dernier contrôle : le kilométrage annuel.

Le compteur indique plusieurs milliers de kilomètres parcourus.

Nous avons demandé au propriétaire de justifier ces chiffres.

Il nous a immédiatement présenté son compte Strava, accompagné de 47 graphiques, de 12 tableaux comparatifs et d’une analyse de sa progression depuis 2019.

Nous avons ensuite commis l’erreur de lui demander si sa saison avait été bonne.

Quarante-cinq minutes plus tard, il comparait encore sa puissance au seuil avec celle de l’année précédente.

Diagnostic : kilométrage plausible. Propriétaire particulièrement pénible lorsqu’on aborde le sujet.

Verdict final : contre-visite obligatoire !

Après inspection, voici le rapport officiel.

Défauts mineurs :

  • Traces de bronzage impossibles à dissimuler.
  • Dépendance importante aux données GPS.
  • Tendance à parler de ses performances sans qu’on lui demande.

Défauts majeurs :

  • Système de freinage inexistant.
  • Transmission fortement sollicitée.
  • Consommation excessive d’équipements sportifs.
  • Incapacité à considérer une sortie de 80 kilomètres comme autre chose qu’une petite balade.

Décision : CONTRE-VISITE OBLIGATOIRE.

Nous recommandons une période de repos, une diminution des charges d’entraînement et quelques semaines sans compétition.

Le propriétaire a refusé nos recommandations.

Il vient de s’inscrire à trois triathlons pour 2027.

Et il nous demande si un nouveau vélo pourrait résoudre les problèmes constatés.

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